Test & avis

Avis Fairphone 5 : le smartphone modulaire pensé pour durer 8 ans

Test du Fairphone 5 : 10 modules remplaçables, batterie amovible 4200 mAh, tournevis fourni, support logiciel jusqu'en 2031 et garantie 5 ans. Notre avis.

Expert
Fairphone 5 5G 8 Go / 256 Go édition Transparente

Fairphone 5 5G 8 Go / 256 Go édition Transparente

4.2

590€

Le seul smartphone 5G réellement démontable du marché grand public : 10 modules changeables au tournevis, batterie amovible, garantie 5 ans et correctifs de sécurité annoncés jusqu'en 2031. Le prix reste celui d'un haut de gamme pour une puce de milieu de gamme : c'est la durée de vie qu'on achète, pas la fiche technique.

Points forts

  • 10 modules remplaçables par l'utilisateur : écran, batterie, port USB-C, haut-parleur, capteurs photo, tiroir SIM
  • Batterie 4200 mAh amovible : coque arrière déclipsable, remplacement sans outil
  • Support logiciel annoncé jusqu'en 2031 (objectif 2033) et 5 mises à jour Android majeures
  • Garantie constructeur de 5 ans, contre 2 ans en standard chez les autres marques
  • Écran OLED 6,46" 90 Hz en 2770 x 1224, protégé par du Gorilla Glass 5
  • Port microSD dédié jusqu'à 2 To, en plus des 256 Go internes
  • Nano-SIM + eSIM, NFC, Wi-Fi 6E et USB-C 3.0 avec sortie DisplayPort

Points faibles

  • 579,99€ pour un Qualcomm QCM6490 de milieu de gamme : le tarif se paie en longévité, pas en puissance
  • IP55 seulement : protégé contre les projections, pas contre l'immersion
  • 212 g et 9,6 mm d'épaisseur : nettement plus lourd et plus épais que la moyenne
  • Pas de prise casque 3,5 mm malgré le positionnement durable
  • Charge 30 W sans chargeur dans la boîte
  • Les modules de rechange s'achètent chez Fairphone, pas sur Amazon

Un smartphone qui se dévisse

Le Fairphone 5 ne se juge pas comme les autres. Sur le papier, dépenser 579,99€ pour un Qualcomm QCM6490 — une puce de milieu de gamme dérivée du Snapdragon 778G — relève de l’erreur de casting : à ce tarif, la concurrence propose des processeurs bien plus rapides. Sauf que ce n’est pas ce qu’on achète ici. On achète un téléphone conçu dès le départ pour être ouvert, réparé et gardé huit ans, dans un marché où l’appareil moyen est remplacé au bout de deux ou trois ans faute de pouvoir en changer la batterie.

L’édition Transparente testée ici est explicite sur ses intentions : le dos laisse voir la structure interne, avec les repères de démontage sérigraphiés et la mention « Change is in your hands ». La fiche produit Amazon montre le petit tournevis cruciforme livré avec le téléphone — l’outil qui suffit à ouvrir la totalité de l’appareil. C’est un positionnement de niche, assumé, et il s’évalue sur ses propres critères : réparabilité, disponibilité des pièces, durée du support logiciel.

Caractéristiques techniques

  • Écran : 6,46” OLED, 2770 x 1224 (~459 ppi), 90 Hz, Gorilla Glass 5, pic à 880 nits
  • Processeur : Qualcomm QCM6490 gravé en 6 nm, GPU Adreno 643
  • Mémoire : 8 Go de RAM — Stockage : 256 Go + port microSDXC dédié jusqu’à 2 To
  • Photo arrière : 50 MP f/1.9 grand-angle avec stabilisation optique (Sony IMX800) + 50 MP f/2.2 ultra grand-angle avec autofocus (IMX858) + capteur de profondeur 3D ToF
  • Photo avant : 50 MP f/2.5 — Vidéo : 4K à 30 im/s
  • Batterie : 4200 mAh amovible, charge filaire 30 W
  • Résistance : IP55 (poussière et jets d’eau basse pression), conformité MIL-STD-810H
  • Réseau : 5G, nano-SIM + eSIM, NFC, Wi-Fi 6E, Bluetooth 5.2
  • Connectique : USB-C 3.0 avec sortie DisplayPort, pas de prise jack 3,5 mm
  • Biométrie : lecteur d’empreintes latéral
  • Système : Android 13 au lancement, mis à jour vers Android 14 puis 15 — 5 mises à jour majeures annoncées
  • Support et garantie : correctifs de sécurité jusqu’en 2031 (objectif 2033), garantie constructeur 5 ans
  • Dimensions : 161,6 x 75,8 x 9,6 mm — Poids : 212 g
  • Matériaux : 70 % de matériaux issus de filières équitables ou recyclés selon le constructeur

La modularité, concrètement

Dix modules sont prévus pour être changés par l’utilisateur : le bloc écran, la batterie, le port USB-C, l’écouteur, le haut-parleur, les trois capteurs photo, et les tiroirs SIM et microSD. La hiérarchie d’accès est bien pensée. La batterie se change sans aucun outil : la coque arrière se déclipse à la main, l’accumulateur 4200 mAh se soulève, on en repose un neuf. C’est l’opération la plus fréquente sur la durée de vie d’un téléphone, et c’est la plus simple à réaliser.

Tout le reste passe par le tournevis. Les vis sont cruciformes, standard, non collées, et chaque module se retire en quelques minutes en suivant les tutoriels publiés par le constructeur. La différence avec un smartphone classique est structurelle : sur ce dernier, remplacer un écran suppose de chauffer les adhésifs, décoller un bloc vitre-dalle et refaire l’étanchéité. Ici, le bloc écran est une pièce à part entière qu’on dévisse.

Le point à connaître avant d’acheter : les pièces détachées ne se trouvent pas sur Amazon. Elles se commandent sur la boutique Fairphone, avec des délais et des tarifs qui dépendent du module. C’est le maillon logistique dont dépend toute la promesse du produit.

Huit ans de mises à jour : le choix technique derrière

Le point le plus souvent mal compris de cet appareil, c’est le processeur. Le QCM6490 n’appartient pas au catalogue grand public de Qualcomm mais à sa gamme industrielle, celle des terminaux professionnels dont la durée de vie se compte en années. Cette puce bénéficie d’un support pilote très long, ce qui permet de continuer à livrer de nouvelles versions d’Android et des correctifs de sécurité bien après la date à laquelle un Snapdragon grand public cesserait d’être maintenu.

C’est ce qui rend crédible l’engagement de Fairphone : cinq mises à jour Android majeures et des correctifs jusqu’en 2031, avec un objectif à 2033. Le téléphone, sorti sous Android 13, tourne aujourd’hui sous Android 15. À cela s’ajoute une garantie constructeur de 5 ans, là où le marché s’arrête à deux.

Le corollaire est une performance brute de milieu de gamme. Pour la bureautique mobile, la navigation, les messageries, la vidéo, les appels visio et la photo au quotidien, l’ensemble est fluide, aidé par les 90 Hz de la dalle. Pour les jeux 3D exigeants en qualité maximale, ce n’est pas le bon appareil : il faut regarder du côté des puces plus musclées de notre guide des smartphones gaming.

Écran, photo, autonomie

L’écran est le poste où Fairphone n’a pas économisé. Une dalle OLED de 6,46 pouces en 2770 x 1224, soit environ 459 pixels par pouce, avec un rafraîchissement à 90 Hz et une protection Gorilla Glass 5. Le pic annoncé à 880 nits reste dans la moyenne haute : lisible en extérieur, sans atteindre les valeurs des vitrines haut de gamme récentes.

Côté photo, le module principal de 50 MP f/1.9 s’appuie sur un capteur Sony IMX800 avec stabilisation optique — un vrai capteur, pas un chiffre marketing. Il est épaulé par un ultra grand-angle de 50 MP f/2.2 doté de l’autofocus, ce qui lui permet de servir aussi de mode macro, et par un capteur de profondeur 3D ToF pour les portraits. Le capteur avant monte lui aussi à 50 MP. La vidéo plafonne à 4K en 30 images par seconde.

L’autonomie repose sur 4200 mAh, une capacité correcte pour une puce gravée en 6 nm peu gourmande, mais qui reste inférieure aux 5000 mAh désormais courants — le point est traité en détail dans notre guide de l’autonomie des smartphones. L’argument décisif est ailleurs : quand cette batterie aura perdu 30 % de sa capacité au bout de trois ou quatre ans, on en achète une neuve pour quelques dizaines d’euros au lieu de changer de téléphone. La charge se fait en 30 W en USB-C, sans chargeur dans la boîte.

Robustesse : lire l’IP55 correctement

La certification IP55 protège contre la poussière en quantité limitée et contre les jets d’eau à basse pression. En clair : la pluie, la sueur, des mains mouillées, un plan de travail humide, aucun souci. L’immersion, en revanche, n’est pas couverte — ni piscine, ni évier, ni photo sous l’eau. Si l’étanchéité complète est un critère, il faut rester sur des modèles IP68 comme ceux de notre sélection de smartphones étanches et résistants.

Cette limite est la conséquence directe du concept : un boîtier prévu pour être ouvert et refermé des dizaines de fois ne peut pas être scellé comme un bloc collé. Fairphone compense sur le terrain des chutes, avec une conformité MIL-STD-810H, et le châssis de 9,6 mm pour 212 g inspire effectivement une solidité que peu de smartphones fins procurent aujourd’hui. Ces 212 g se sentent en poche : c’est un appareil massif.

Tableau comparatif

CritèreFairphone 5Milieu de gamme classique 550€Haut de gamme scellé
Batterie remplaçable par l’utilisateurOui, sans outilNonNon
Modules démontables10 (écran, USB-C, photo, HP…)AucunAucun
Outil fourniTournevis cruciformeNonNon
Garantie constructeur5 ans2 ans2 ans
Mises à jour Android majeures5 (support jusqu’en 2031)2 à 44 à 7
ÉtanchéitéIP55 (projections)IP53 à IP67IP68
Puissance bruteMilieu de gammeMilieu de gammeÉlevée
Port microSDOui, slot dédié 2 ToVariableRarement
Poids212 g180 à 200 g190 à 230 g

Verdict final

Note : 4.2/5 ⭐⭐⭐⭐

Le Fairphone 5 est le seul smartphone 5G réellement démontable disponible sur le marché grand public, et il tient sa promesse : dix modules changeables, une batterie amovible sans outil, un tournevis dans la boîte, cinq ans de garantie et un support logiciel annoncé jusqu’en 2031. Les 4,2/5 relevés sur 175 avis Amazon reflètent bien ce positionnement : les acheteurs qui viennent chercher la longévité sont satisfaits, ceux qui comparaient des fiches techniques le sont moins.

Les réserves sont claires et il faut les accepter avant de commander. À 579,99€, on paie une puce de milieu de gamme au prix d’un haut de gamme : l’écart se justifie par la durée de vie, pas par les performances. L’IP55 n’est pas de l’étanchéité complète. Les 212 g et 9,6 mm d’épaisseur en font un appareil imposant. Et les pièces détachées ne s’achètent que chez Fairphone, ce qui rend la promesse dépendante de la boutique du constructeur.

Pour qui ? Ceux qui gardent leur téléphone longtemps et veulent pouvoir remplacer eux-mêmes une batterie fatiguée ou un écran cassé sans passer par un réparateur ; les professionnels cherchant un parc d’appareils maintenu et réparable, un profil qu’on retrouve dans notre guide du smartphone professionnel ; et ceux que la logique du remplacement tous les deux ans dérange. Si le budget est le critère principal, un milieu de gamme classique comme le Samsung Galaxy A56 5G ou l’occasion certifiée traitée dans notre guide du smartphone reconditionné coûteront nettement moins cher — mais sans batterie changeable, sans modules démontables et sans garantie de cinq ans.

Questions fréquentes

Quels modules peut-on vraiment remplacer soi-même sur le Fairphone 5 ?

Fairphone annonce dix modules démontables par l'utilisateur : le bloc écran OLED, la batterie, le port de charge USB-C, l'écouteur, le haut-parleur, le capteur photo principal, le capteur ultra grand-angle, le capteur selfie et les tiroirs SIM et microSD. La batterie se retire à la main après avoir déclipsé la coque arrière ; les autres modules demandent le petit tournevis cruciforme visible sur la fiche produit. Les vis sont classiques, non collées, et Fairphone publie des tutoriels de démontage pièce par pièce. Les pièces détachées se commandent en revanche sur la boutique Fairphone, pas sur Amazon.

Le Fairphone 5 est-il étanche ?

Il est certifié IP55, ce qui n'est pas la même chose que l'IP68 des smartphones haut de gamme classiques. IP55 signifie protection contre la poussière en quantité limitée et contre les jets d'eau à basse pression : la pluie, un plan de travail mouillé ou des mains humides ne posent pas de problème. En revanche, l'immersion n'est pas couverte — pas de photo sous l'eau, pas de chute dans un évier ou une piscine. C'est la contrepartie logique d'un appareil conçu pour être ouvert : un châssis démontable ne peut pas être scellé comme un bloc collé. Fairphone annonce par ailleurs une conformité MIL-STD-810H sur la résistance aux chutes.

Jusqu'à quand le Fairphone 5 recevra-t-il des mises à jour ?

Fairphone s'est engagé sur un support logiciel jusqu'en 2031 au minimum, avec l'objectif affiché de tenir jusqu'en 2033, soit huit à dix ans après la sortie de 2023. Concrètement, cela recouvre cinq mises à jour majeures d'Android — l'appareil est parti d'Android 13 et a depuis reçu Android 14 puis Android 15 — et des correctifs de sécurité mensuels au-delà. Cette longévité est rendue possible par le choix du Qualcomm QCM6490, une puce du catalogue industriel de Qualcomm, dont le support pilote est bien plus long que celui des puces grand public.

Faut-il préférer la version transparente ou la version noire ?

Les deux références partagent exactement la même fiche technique : 8 Go de RAM, 256 Go de stockage, même écran, même batterie. L'édition Transparente (ASIN B0CLRL4TY8) laisse voir la structure interne et les repères de démontage sérigraphiés au dos, ce qui va dans le sens du produit ; l'édition Noir Mat est plus discrète. Au moment de notre relevé, la transparente est vendue 579,99€ expédiée par Amazon, la noire un peu plus cher. Vérifiez surtout le vendeur avant de valider : les tarifs des offres marketplace varient beaucoup sur ce modèle.